Une tarte.

Une tarte comme une urgence. Une urgence à la vie. A la beauté. A l’amour qui se mange.

Une tarte un tout petit peu salée. Un peu aromatisée d’yeux mouillés.

Une tarte sucrée pour dénouer nos gorges serrées.

Une tarte pour quelqu’un qui ne pourra pas la manger mais quil’aurais peut-être bien aimée.

J’espère (je sais ?) que celui qui m’a appris le pouvoir de consolation des tartes et des gâteaux, où qu’il soit, accueillera celui qui vient.

Je ne sais pas trop bien faire les câlins. Je ne sais pas trop bien faire les bisous qui guérissent tout. Alors, je cuisine comme un baiser. Je ne sais pas trop bien écrire des messages attristés. Alors je tripote de la farine, et des fruits épicés.

Mais je sais bien que de là où ils sont, mes morts se fichent bien des câlins et des caresses. Ils se fichent bien de ma tarte et de mes larmes.

Ils sont attablés, mon père a encore son tablier, le blanc, taché. Ils vient de vérifier la côte de bœuf, et les patates braisées. Mon oncle a débouché une bouteille bien trop vieille et bien trop chère pour ces mets. Ils attendent le nouveau. Pour lui dire. Lui dire que ça va. Ils vont bien manger et bien rigoler.

Ça va les gars, moi, pendant ce temps là, je continue de cuisiner.

Des tartes. Des tartes comme des urgences.

Des tartes un peu salées. Des tartes pour les gorges nouées.

Des tartes et des gâteaux pour les vivants. Pour ceux qui restent à aimer.

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