Chialer en écoutant Renaud 

En cloque .  Moi je serai jamais .  En cloque .  

Tous les jours .  Ça va bien parce que je suis du genre à aller bien . Du genre qui rigole et qui sourie. Du genre qui préfère faire le ménage en dansant.  

Mais y des jours. Non, des instants .  Où  la tristesse gagne .  Où  je réalise.  Que sûrement ça n’arrivera plus. De sentir un bébé dans moi. Et puis les tétées. Ça n’arrivera plus de ne pas dormir ou que 2h. Mais c’est pas grave. 

Ça n’arrivera plus l’incroyable joipeur devant les 2 bâtons du tests .  Ça n’arrivera plus les rirlarmes. L’intensité du sentiment de la vie. La sensation de l’indispensabilité. 

C’est pas grave. Parce que je me remplirait d’autre choses. Je me remplit ailleurs.  J’aurai d’autres  intensités .  

Y aura pas d’autre bébé.  

Sûrement pas .  

Ça fait juste drôle de le dire et de l’écrire.

Ça paraît si absurde que j’ai souvent besoin de le dire. Peut être pour m’en persuader. Je suis tellement désolée les copains. C’est comme une rengaine mes mauvaises blagues sur mon ventre vide.  Un mauvais refrain d’une mauvaise chanson. Et vous qui avez la douceur de me sourire pour cacher ce malaise, que ce gimmik fait planer. 

Y aura plus de joipeur ni de rirlarmes . 

C’est un peu comme un deuil sans mort. Je peux pas trop pleurer parce que bon. J’ai perdu personne. 

Je peux pas trop pleurer parce bon. J’ai déjà tellement .  Tellement d’amour autour de moi. 

Je  peux pas trop pleurer. Parce bon. J’ai déjà eu un bébé . 

Alors, juste un instant, comme une bouffée de chagrin, je chiale en écoutant Renaud .  Je rerirai demain .  D’ac? 

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