Ben, Martin. T’as craqué ?…

Martin, Martin, c’est quoi cette merde que tu nous as foutu, là ? Je pars de Twitter, quoi? un an? Pas plus… je reviens , et c’est un bordel… 

Martin, c’est naze, ça. Tu peux pas faire ça.  Utiliser les armes de ceux que tu détractes depuis si longtemps. La violence, les insultes. Non, Martin.  C’est toi qui nous l’as dit. ON A PAS LE DROIT AUX INSULTES. 

Martin, Martin, c’est fou quand même que ce soit moi, petite sage-femme de province, qui dût te dire ça.  Oui, oui, qui dût.Martin, t’imagines pas ce que tu as été pour moi. C’est toi qui m’a fait réfléchir à ma pratique, il y a quelques années.  Quand je m’endormais un peu. C’est un peu grâce à toi que je fais gaffe tous les jours à la pudeur.  A écouter sans juger. Au respect. C’est un peu grâce à toi que je fais suer mes étudiantes avec tout ça. A prendre du recul, par rapport aux labos. J’ai évolué, concrètement, au quotidien.  J’ai commencé à voir les défauts.  Et à les combattre.  En douceur. 

En douceur, Martin ! Parce que nous, on est les gentils. Faut pas se tromper de cible, Martin.  Nous, les gentils, notre modèle au combat, c’est Gandhi. Ouais, même pas peur.  Gandhi, Martin.  LA NON VIOLENCE.  Te trompe pas,Martin.  

En vrai dans la vraie vie du quotidien de l’hôpital, je vois quoi, moi ? Je vois des soignants qui se battent au jour le jour avec les moyens qu’ils ont pour soigner (mission première, rappelons-le) en restant bienveillants.Pour être à l’écoute et respectueux. Comme tu nous avais dit, Martin. 

Je te jure,Martin, t’imagines pas, toi, là -bas dans ton Canada, comme ça a changé.  La différence entre avant et maintenant.  

Bien sûr, je vais pas te la jouer bisounours, Martin.  Tu me croirais pas et t’aurais raison.  Des cons, y en a. Des maltraitants.  Des Jenairienafoutre.Bien sûr, Martin.  

Mais de là à faire un livre, en disant qu’on est tous des brutes. Martin, un peu de sérieux.  Je suis blessée, Martin.  Ça me fait pareil que quand Bertrand Cantat a tué sa femme à coups de poings. Je savais plus si j’aimais sa musique. J’étais tellement fâchée contre l’homme que je l’étais aussi contre ses chansons.  

La bienveillance, c’est pour tout le monde. Pour les soignants aussi. Parce qu’on peut pas dire à un enfant de pas taper si on lui colle des torgnoles. Parce qu’on peut pas punir les voleurs et planquer sa tune en suisse. Parce c’est pas juste. 

C’est pas juste. 

C’est pas juste.  Et du coup, c’est contre productif. Je sais plus si je dois te faire confiance, Martin.  Entre le titre racoleur et les histoires de chasse dignes du “nouveau détective”. 

Sur Twitter, tu réponds à une Tweeteuse qui s’inquiète de toi (la bienveillance de la meuf, Martin.  LA bienveillance ) je cite ” quand on jette un pavé dans la mare, il faut s’attendre aux éclaboussures “.

Oui, Martin. Très bonne métaphore, le pavé. C’est exactement ça.  Ta colère contre les méchants, s’est compactée en un gros pavé, et tu l’as balancé dans la mare.  Et puis maintenant ? Ton pavé est au fond de l’eau, non sans avoir éborgné au passage ceux d’entre nous qui essaient de nager tranquillement et de se dépêtrer de leur mission du mieux qu’ils peuvent.  

Ton pavé est au fond de l’eau , sans personne pour vouloir aller le chercher et le regarder . Et toi, t’es tout mouillé.  T’as froid. 

Et tu pourras pas compter sur les éborgnés pour venir te réchauffer. Ils sont en colère.  Deg. Deg qu’on leur tape encore sur la tronche.  Deg qu’on voit jamais tous les efforts qu’ils font. Deg. 

Tu nous aurais lancé une jolie barque, Martin. Comme celle du choeur des femmes.  Ça aurait tout changé. 

Non seulement, ton pavé il t’éclabousse toi, mais en plus tous les bouquins que tu as écrit avant. J’te dit, comme les albums de Bertrand Cantat.  

J’te jure, tu me fais chier, Martin. J’ai failli divorcer ce matin à cause de toi. Mon amoureux, il est tellement tourneboulé de se faire traiter de brute qu’il a du mal à comprendre quand je lui dit qu’avant t’étais un mec bien. Passque,  Martin, t’as été important pour moi. Autant que Saint-Exupery. Autant qu’Alexandre Jardin et son Fanfan.  Alors, j’ai voulu un peu te défendre, quoi. Ça fait mal quand on touche à vos modèles à penser. Et puis.  J’ai plus pu. J’ai du m’incliner devant ce que j’ai lu de ton livre. 

Tu me fais chier, Martin. De faire mal à mon homme comme ça.  De me faire mal à moi. De faire mal à nous. Les choupis.  Quand tu généralise comme ça, tu sais que c’est des méthodes de voyous. De populos.  Et puis, tu sais que c’est faux.  

Si tu veux d’autres histoires, je pourrais te faire passer les gentilles lettres de mes patientes.  Les mercis. Ça te changera. Ça doit être dur qu’on te raconte que des trucs moches. Faut p’têt qu’on te raconte les belles aussi, d’histoires…

Tu me fais chier, Martin.  Je t’aimais bien. 

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