Attention, attention, humeur avec plein de gros mots dedans

On dit souvent que les garçons pensent avec leur bite.
Plus précisément, les filles disent ça.
Sexisme ordinaire.
Le présupposé de cette assertion est sans doute que, nous, les fâaaames, on pense avec l’organe prévu pour. Notre cerveau.

Et bien c’est faux. Oui. Démonstration? Démonstration.

1) Les filles , ça pense avec l’organe dont elles ont besoin. 
On pense avec notre estomac quand on a faim. On devient notre petit orteil, celui qui sert à rien, quand on s’est cogné dans ce putain de pied de table basse de mes gonades.

Moi, présentement, qui cherche à faire un enfant, je pense avec mes ovaires aux alentours de J14. Puis avec mon utérus. Je lui parle même.  J’ai de grandes conversations avec mon utérus.  Oui oui. Bon,  de grands monologues surtout. Plutôt du genre buté, la bestiole. En toute fin de cycle, je le supplie. Mon cerveau est tout entier localisé dans ma culotte.
Idem quand j’allaitais, mon cerveau était entièrement dans mes nibards.  Une seule pensée m’obsédait. J’ai assez? Est-ce que j’ai assez? Putain de bordel de merde, j’ai PAS ASSEZ! J’ai assez? Oui, je dois avoir assez. Et si j’avais pas assez? C’est sûr, j’ai pas assez. (Sanglots) J’ai pas assez (re-sanglots) .
Vous conviendrez, que l’intelligence de ce genre de discours est quand même gravement limitée.
Si mon cerveau avait joué son rôle d’organe doué de raison, il m’aurait dit : regarde ton bébé, il est tout joufflu.  Tout rose et bien portant. Regarde, il a niqué tous ses beaux bodies avec ses magnifiques cacas jaunes . Regarde, il te pisse joyeusement dessus. Regarde. PUTAIN, MAIS REGARDE BORDEL, T’ES CON OU QUOI?  Oui mon cerveau m’aurait pourrie.  Mais mon cerveau s’est tu. Mes nichons étaient les seuls patrons. Ils commandaient mon humeur. Hystéro-euphorique, si gros et dégoulinants.  Suicidaire, si raplapla. Ou ne ne se vidant pas. Ou douloureux.  Ou….

2) Là où la gonzesse ordinaire sème le trouble, c’est qu’elle est capable d’être entièrement concentrée sur ses mamelons ou son slip,  tout en menant une conversation normale, voire enjouée.  Pas plus tard qu’hier, j’ai bossé.  Oui, bossé. J’ai examiné des patientes. Posé des perfusions, rassuré sur des allaitements, ri avec mes collègues , même posé des diagnostics.  Mouhahaha. Personne ne s’est douté une seconde que j’étais devenue ma culotte en coton.
Nous sommes capables d’être en pilote automatique et même de prendre des décisions adaptées, alors même que nous sommes réduite à un canal galactophore. 

3) parce que toute démonstration comporte 3 points. 

Bref. Les mecs pensent peut-être avec leurs bites. Mais nous pensons avec nos vagins et nos seins. Ne nous leurrons pas, nos miches ne sont pas plus brillantes.

Parfois. Juste de temps en temps, j’aimerais bien que mon cerveau reste à sa place. Dans ma tête. Parce qu’à force de voyager dans tout mon corps, ben, moi, j’ai mal au coeur.