Régurgitations.

Bon. Aujourd’hui, je vous le dit ça me saoule de vous causer d’allaitement.  Ouais.  Chuis trop une rebelle.  On est dans un magazine sur l’allaitement.  C’est la semaine mondiale de l’allaitement. Bon. Ben moi, je vais bientôt vomir tout le lait maternel que j’ai jamais bu.
Ras le nichon de vous parler de mes mamelons. Et des vôtres. Et si on parlait de vos vagins plutôt? Non? La prochaine fois, alors.
La “smam” de son petit nom, c’est comme les restos du coeur. On s’est dit on se fait ça quelques temps, comme ça, le temps d’informer tout le monde et pis on arrête dès qu’on a fait le taf. Ça fait 22, allez 21 ans, que ça aurait dû s’arrêter. Ça aurait même pas dû exister. Ou alors juste histoire de bouffer des muffins entre copines, avec les morpions en écharpe.
Je voudrais tellement que ça soit fastoche de filer à boire à son bébé.  Je voudrais tellement qu’on ait pas à se poser la question. 
C’est tellement compliqué le reste aussi.  L’éducation, la peur de l’avenir.
Quand je vois ma fille de 4 ans qui joue à tirer son lait (pour le donner à papi et mamie), je suis contente. Je me dis que pour elle, ce sera peut-être pas plus facile, mais plus évident. Plus “naturel “, même si on est d’ac que, dans nos sociétés ultra manufacturées,où le “naturel ” s’appelle “nude”, et la simplicité s’appelle Apple, la nature est bien planquée.
Alors oui. Je voudrais qu’on ait pas besoin d’une semaine.  Ni même d’une journée.  Je voudrais qu’on ait pas besoin d’un magazine ou de bouquins. Je voudrais qu’on ait pas besoin d’apprendre,  que  ce soit juste normal. Que je ressemble pas à une ayatollah de la miche quand j’encourage à allaiter plus de six mois. Que dis- je? Plus d’un mois. Un jour? (ou peut être une nuit, près d’un lac, je m’étais… heu… Je m’égare). Je voudrais qu’il y ait la paix partout dans le monde et que tout le monde se roule gaiement dans la rosée fraîche du matin.
Mais bon.
Je dis pas que, si tout le monde était convaincu, les mères n’auraient plus de crevasses et que la mastite serait un gros mot d’ancien français. Je dis pas ça. Je dit juste qu’en gaspillant moins d’énergie à convaincre et à informer, on aurait plus de temps pour agir et aider. Pour de vrai quoi. Concrètement.
Allez, p’têt qu’à force d’en parler, d’informer, d’expliquer, d’étudier, ma fille, dans 20 ans, n’aura pas à apprendre. A s’échiner, s’acharner. S’emmerder.  Juste pour filer à bouffer à ma petite fille.
P’têt que tous les bébés seront allaités.  Partout. Tout le temps. Et les mères encouragées. Par tous. Jamais jugées.  Soutenues et respectées. Aimées.
Et comme ça, on pourra parler d’autre chose. Parce que moi, entre nous, là,  je vous le dit. Hein . L’allaitement, ça me saoule.

P.S: une petite précision, je ne dévalorise absolument pas le formidable travail de tous les pros et les pas pros pourle marketing la promotion de l’allaitement . Je vénère trop pour ça mon adorable et incroyablement intelligente rédac en chef, de surcroît très belle et très drôle. Hein.

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